dimanche 20 mai 2018

Bulles de feu #5 - En quatre tomes

Le chiffre 4 serait-il maudit ? Car si les trois quadrilogies suivantes ont des qualités, aucune n'atteint un vrai sommet de perfection. Pire : on se retrouve même déçu de leurs potentiels non-utilisés.
Spoiler Alert : Lupano s'en sort mieux que les autres, évidemment.

Le Soufflevent, Andoryss et Xavier Collette, 2014-2017, 45/46/46/46 planches.

Le Soufflevent, c'est avant tout un bon point de départ : dans un monde typé fantasy, une jeune fille (et son chat ailé !) cherche à échapper à des militaires qui souhaite lui prendre la création de son père, le soufflevent, étrange "chose" qui contrôlerait le pouvoir des vents. Le tout promet de l'aventure et du voyage, surtout si on en croit la carte présente au début de chaque volume et les différents titres des tomes. Mais...

Mais ça ne décolle jamais. L'aventure et le voyage sont limités à leur minimum, et le plus souvent entre les tomes, dans des parties que l'on ne voit pas. J'ai vraiment eu l'impression de lire toutes les moments inintéressants de l'histoire, les parties figées. Et en parlant de "figer", si le dessin est plutôt joli, je l'ai trouvé trop statique à mon goût.

Dommage, ça aurait pu être bien.

L'Expert, Frank Giroud et Brada, 2003-2007, 46/46/46/54 planches.

L'Expert nous propose une enquête historico-religieuse, entre la Lithuanie du XVème siècle et notre époque. Dis comme ça, ça peut faire peur, mais c'est intéressant et l'aspect complot religieux n'est que peu présent. Il faut certes mieux aimer le genre, mais ça se lit bien.

Sauf que ça part un peu en cacahuètes dans le dernier tome. Bon, s'il n'y avait que ça, on aurait pu le mettre sur le compte de la collection et s'en accommoder. Ce qui passe moins, c'est les innombrables récapitulatifs et ré-explications : j'apprécie qu'on veuille bien poser les choses pour que tout le monde ait compris, mais trop c'est trop. Dois-je considérer qu'on me prend pour un parfait idiot ?

Ça aurait pu faire une bonne trilogie, ça n'est qu'une quadrilogie un peu décevante. Et si jamais vous le lisez un jour, prévenez moi si dans votre quatrième tome la Lada verte annoncée dans une bulle est bien verte. Parce que chez moi, elle était rouge...

L'Assassin qu'elle mérite, Wilfrid Lupano et Yannick Corboz, 2010-2016, 54/56/54/46 planches.
« C'est ça qu'il faudrait faire : créer de toutes pièces un ennemi de la société à partir d'un être innocent ! (...) voilà qui serait une œuvre d'art subversive et véritablement décadente. Donner à cette odieuse société l'assassin qu'elle mérite ! »
C'est le point de départ de ce drame, car il n'y a pas d'autres mots pour qualifier cette histoire, où un riche rentier se joue d'un jeune homme pauvre et honnête. Et c'en est quasi-hypnotisant.

Le seul écueil de L'Assassin qu'elle mérite, qui est plus un double diptyque qu'une vraie quadrilogie, c'est de ne pas répondre exactement à sa promesse de départ : si les deux premiers tomes, qui se déroulent à Vienne, ont une réflexion sociétale, les deux derniers, qui se déroulent à Paris, se concentrent bien plus sur le microcosme des nos personnages principaux. Et c'en est un poil décevant, tant on aurait voulu en voir plus, avec une histoire encore plus impressionnante. La mise en garde se situait peut-être dans le titre de l'oeuvre...

Si la déception peut pointer le bout de son nez, L'Assassin qu'elle mérite reste une belle oeuvre, avec un scénario précis à la Lupano et un beau dessin de Corboz. Attention cela dit, ce n'est pas joyeux. Quant à la morale... Quelle morale ?

jeudi 17 mai 2018

Clifford D. Simak - Voisins d'ailleurs

Voisins d'ailleurs, Cliffod D. Simak, 1953-1980, 397 pages.

Voisins d'ailleurs est un recueil de 9 nouvelles. Ou plutôt 8 + 1 tant la dernière nouvelle, Le Puits siffleur, est à part, quelque part entre le weird et l'horrifique (en tout cas de mon point de vue de néophyte).

Comme le titre du recueil l'indique, toutes les histoires reposent sur la rencontre d'un ou de plusieurs être humains avec un objet ou un être extraterrestre.
Et, chose étonnante pour un recueil, le niveau est plutôt constant : c'est simple et efficace, propre. Alors même que je peux élever quelques critiques ou reproches à la majorité des nouvelles : les fins un poil prévisibles de La Maternelle et de Le Cylindre dans le bosquet de bouleaux, l'anecdotique Le Bidule ou les conclusions trop ésotériques pour moi de Un Van Gogh de l'ère spatiale et de La Photographie de Marathon.
[Nota : on peut donc facilement en déduire mes trois nouvelles préférées : Le Voisin, La Fin des maux et la multi-primée, à raison, La Grotte des cerfs qui dansent, sublime.]

Malgré ça, j'ai passé un bon moment dans toutes mes lectures et je sors content de ce recueil, réconcilié avec Clifford D. Simak. Si vous tombez dessus, vous pouvez y aller !

jeudi 3 mai 2018

Bulles de feu #5 - Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu

Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu, Matz et Léonard Chemineau, 2015, 90 planches.

Connaissez-vous Julio Popper ? Non ? Alors cette BD est parfaite pour découvrir ce personnage "bigger than life", ingénieur et aventurier infatigable avide de nouvelles découvertes et de nouveaux territoires. Un homme qui n'aurait surement pas paru crédible s'il avait été inventé par un auteur... et dont la vie est toute une histoire, jusqu'à la fin.

Bien que présentant rapidement son parcours, Matz se concentre surtout sur la période la plus marquante de Julio Popper : la recherche d'or en Terre de Feu et la quasi-création d'un nouvel état. Il en profite pour réhabiliter le personnage, souvent associé au massacre des indigènes de Terre de Feu. Le parti-pris est indéniable mais compréhensible.

Il y a presque un sentiment de trop peu quand on referme le livre, mais c'est surtout la vie - ou plutôt la mort - qui en aura décidée ainsi. Il n'en reste pas moins une très bonne BD qui met en lumière un personnage méconnu. Et qui le fait d'une manière bien plus intéressante, à mon sens, que la majorité des BD historiques génériques... Sans oublier, évidemment, le beau dessin, style "peinture", de Léonard Chemineau.

lundi 9 avril 2018

John Scalzi - Imprésario du troisième type

Imprésario du troisième type, John Scalzi, 2005, 407 pages.

Les extraterrestres sont là ! Enfin, presque, puisqu’ils sont pour le moment en orbite, attendant de savoir comment faire leur apparition pour ne pas effrayer les humains. Car les Yherajks sont des tas de gélatine informes, des blobs, et qui plus est puants ! Pour les aider, ils embauchent Tom Stein, agent de stars à Hollywood. Trouvera-t-il une solution ?

C’est ainsi que se présente l’intrigue, tant en quatrième de couverture que dans les premières pages. Ce qui peut s’avérer tentant à lire, non ? Fausse joie. L’histoire ne conte quasiment pas cette problématique, préférant se concentrer sur le travail d’agent du héros et nous plonger au cœur d’Hollywood.

Malgré tout, ça se lit très facilement, notamment car tout est quasiment en dialogues, et c’est même plutôt plaisant dans son style. Mais il n’en reste pas moins l’impression de s’être fait un peu floué et de n’avoir pas vu l’idée de base être réellement développée. Dommage.

vendredi 6 avril 2018

Bulles de feu #4 - Marcel Pagnol en BD

La Gloire de mon Père, Le Château de ma Mère, Le Temps des secrets, Serge Scotto, Eric Stoffel et Morgann Tanco, 2015/2016/2017, 85/80/85 planches.

Coup de projecteur sur la collection "Marcel Pagnol en BD" chez Grand Angle. Où comment rattraper un peu de culture et de classiques à moindre temps.

Le gros morceau en est évidemment la trilogie des souvenirs d'enfance. Trilogie qui sera une quadrilogie dans la version planches puisque le troisième tome, Le Temps des Secrets, sera divisé en deux volumes en BD : Le Temps des Secrets, sur la partie scolaire et qui déjà sorti, et Le Temps des Amours, sur la partie amoureuse et qui sera disponible prochainement.

N'ayant jamais lu les livres de Marcel Pagnol, je ne peux comparer avec l'original. Mais à voir la préface du petit-fils de Pagnol et la postface détaillée, et très intéressante, des auteurs dans chaque volume, cela parait fort documenté et le plus fidèle possible.

En tout cas, l'esprit de l'oeuvre semble respecté et c'est bien cet esprit qui fait la force de ces lectures. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai préféré les deux premiers volumes, se déroulant presque entièrement dans la garrigue, au troisième qui se déroule en milieu scolaire et qui est bien plus commune.

Envie d'une lecture gentille, douce, portée par un superbe dessin, symbole d'une époque et qui permet de (re)découvrir une grand auteur français ? Vous pouvez vous lancer sans hésitation !


Mais la collection ne s'arrête pas aux souvenirs d'enfance puisque les autres oeuvres de Marcel Pagnol sont, ou seront, aussi transposées en bd ! Sont sortis à ce jour : Topaze (en deux tomes), Jazz, Jean de Florette (la première partie seulement), Le Schpountz et Merlusse. J'ai d'ailleurs lu ces deux derniers.
Le Schpountz est amusant à défaut d'être un grand spectacle comique. C'est assez particulier et loufoque, mais je me suis surpris à me prendre un peu au jeu au fil des pages.

Merlusse est un gentil conte de Noël. C'est assez anecdotique dans son ensemble, l'histoire est loin d'être riche et il n'y a quasiment aucune surprise, mais c'est gentil.